Cet algorithme tente de prévoir si vous risquez de développer une forme grave du Covid-19

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Par Paul GRATIAN

Les hôpitaux de La Rochelle (Charente-Maritime) testent un logiciel permettant d’évaluer le risque pour chaque personne infectée par le coronavirus d’avoir des complications. Ce dispositif, dont les premiers tests sont encourageants, pourrait être une aide précieuse pour la prise en charge des patients du Covid-19

Les capacités de réanimation et la fréquence de formes graves de Covid-19 sont parmi les principaux indicateurs surveillés dans la gestion de l’épidémie. Mais comment savoir si une personne atteinte du Covid-19 risque de voir son état empirer ?

Le Haut Conseil de Santé publique avait déjà identifié des patients à risque de développer des formes sévères du coronavirus : les personnes âgées de plus de 65 ans, les personnes obèses, les diabétiques insulinodépendants non-équilibrés… Certaines anomalies génétiques expliqueraient les cas graves.

Une étude menée à La Rochelle (Charente-Maritime) par la société Numa Health propose d’aller encore plus loin, en anticipant dès l’entrée à l’hôpital, les patients risquant de développer des formes graves. En utilisant une simple prise de sang, le dispositif, dont les premiers tests sont encourageants, propose de donner un score prédictif du risque de complications.

Des résultats disponibles juste après une prise de sang

Voici comment cela fonctionnerait concrètement : « Lorsque le patient entre à l’hôpital, une prise de sang est réalisée. L’hôpital inscrit les résultats du test sanguin dans l’application. Les algorithmes permettent de dire qui est à risque de développer des complications dans les prochains jours ou les prochaines heures. Les algorithmes prédisent les personnes qui vont avoir une réaction insuffisante ou excessive » , nous explique David Chalvet, directeur médical de Numa Health.

Pour les hôpitaux, cette information prédictive permettrait de savoir quels sont les patients à prioriser et sur lesquels la vigilance doit être accrue. C’est-à-dire que cela permettrait aux personnels de santé d’adapter le niveau de soin apporté à chaque patient en fonction des risques de formes graves.

De premiers résultats encourageants

Numa Health, start-up lancée il y a un an et demi, travaille sur cette étude depuis mars. « Avant le Covid-19, on s’intéressait déjà aux prises de sang. Jusqu’ici, elles nous disaient si on était en bonne santé ou malade. Notre idée est de montrer les états de fragilités, les possibles déséquilibres », poursuit David Chalvet.

La start-up proposait déjà un premier score pour évaluer la capacité du corps à s’adapter à des maladies. Un concept réutilisé pour le Covid-19 qui pourrait également être adapté pour d’autres maladies.

« Quand le coronavirus est survenu, on s’est dit qu’on allait utiliser ces formules sur les prises de sang pour voir comment les gens sont capables de réagir au virus. Plus qu’étudier le virus en lui-même ou la réaction dans les poumons, nos formules font une évaluation de la réactivité de l’organisme au virus », détaille David Chalvet.

La première phase de test de ces prédictions, menée avec l’Hôpital de La Rochelle, s’est avérée être un succès.

L’étude clinique pilote menée sur 50 patients révèle ainsi que 95 % de personnes identifiées comme étant à risque de développer une forme grave par le dispositif, ont effectivement développé une forme grave et que 70 % des personnes qui avaient un bon score ont effectivement vu leur état ne pas se dégrader.

« Selon nos premiers résultats, l’âge est le critère prédominant pour expliquer les formes graves. Viennent ensuite le taux d’inflammation du sang puis l’oxygénation », révèle le directeur médical de Numa Health.

D’autres phases d’étude sont prévues et l’application pourrait être disponible pour la fin de l’année 2021.