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Les impacts du stress sur la santé des salariés

Savez-vous que le stress serait la cause de 24% des arrêts de travail*, et coûterait entre 1,5 et 3 milliards d’euros par an aux entreprises en France ?

Ces chiffres ne diminuent pas. Et derrière ces chiffres, il y a des salariés démotivés, souffrant d’anxiété, de troubles de santé et de douleurs physiques.

Pourtant, c’est un sujet sur lequel on ose désormais prendre la parole. Le stress au travail est devenu une partie visible de la politique de Qualité de Vie au Travail ; il est également devenu un sujet prioritaire pour de nombreux DRH.

Alors, pourquoi ne remédions-nous pas définitivement à ce problème de stress au travail ?

Les impacts du stress sur la santé des salariés sont mal compris

Le stress n’est souvent évalué que dans sa dimension mentale, alors qu’il a un impact sur l’ensemble du corps, le comportement et l’efficacité. C’est d’ailleurs majoritairement pour cette dernière raison qu’il devient visible dans l’entreprise, avant même que le collaborateur l’exprime ou qu’il fasse l’objet d’un arrêt de travail.

baisse de performance collaborateur

Or, comme pour la gestion d’une entreprise, il faut réfléchir de façon globale. Avoir une approche globale du stress permet de l’identifier, de le comprendre, et de le solutionner.

Afin de comprendre comment remédier au stress au travail, il paraît d’abord important de comprendre ses mécanismes et son impact.

Les mécanismes du stress

On attribue la définition du mot “stress” à un médecin endocrinologue de l’Institut de Médecine et de Chirurgie Expérimentale (Université de Montréal), le Dr. Hans Selye.

L’ensemble des moyens physiologiques et psychologiques mis en œuvre par une personne pour s’adapter à un événement donné.

Le stress n’est donc pas que mental, mais bien une réaction biologique qui se déclenche face à une situation menaçante, importante ou « challengeante ». Le stress prépare notre corps à réagir.

Nous répondons à un contexte stressant en 3 phases :

  • Phase 1 – l’alarme : la situation apparaît, l’organisme prépare les ressources pour faire face.

Comment ? Il libère des hormones : les catécholamines. Elles apportent de l’oxygène au cerveau, à l’ensemble du corps et aux muscles pour pouvoir effectuer une action. Ces hormones augmentent la fréquence cardiaque, la tension artérielle et la température.

  • Phase 2 – la résistance : l’organisme puise dans ses ressources pour réagir.

C’est au tour des glucocorticoïdes de faire leur entrée. Ces hormones apportent du sucre aux organes, au cœur et aux muscles. Ainsi, on dépense assez d’énergie pour répondre à la situation stressante.

Oui mais…

  • Phase 3 – si la situation de stress persiste, le corps va finir par s’épuiser.

Pour résister durablement, il sécrète de plus en plus d’hormones. Beaucoup trop pour les récepteurs, qui sont vite débordés. Notre coeur, nos organes, nos muscles, nos articulations sont constamment sollicités. Ils s’épuisent. Nos capacités s’effondrent.

Alors qu’un stress ponctuel est stimulant et a pour seuls effets physiques de faire battre plus rapidement notre cœur et d’accentuer notre transpiration, un stress chronique entraîne des problèmes de santé.

Cela a un coût pour l’individu… et aussi pour l’entreprise.

Quels sont les impacts du stress chronique sur le collaborateur ?

Face à un stress permanent, répété, des symptômes peuvent rapidement apparaître.

Impacts physiques du stress

Les impacts du stress au niveau physiologique :

  • Le collaborateur peut constater une accélération de son rythme cardiaque et une augmentation de sa tension artérielle. S’ensuivront des maux de tête, des vertiges, des palpitations ou des troubles de la vue, et un risque accru d’accidents cardiaques et vasculaires.
  • Le stress au travail s’exprime souvent par des troubles digestifs. Les plus fréquents sont des douleurs d’estomac, qui peuvent aller jusqu’à l’ulcère, des nausées récurrentes ou avant certaines échéances, mais ils peuvent également prendre la forme de diarrhées ou au contraire de constipation. En plus des manifestations physiques, le salarié peut ressentir une forte gène, ainsi que des difficultés de concentration.
  • S’il est moins connu, l’impact du stress professionnel sur le système immunitaire a été démontré par des chercheurs en 2020. Un stress répété peut entrainer des réactions immunitaires excessives pouvant conduire à une inflammation. Le système immunitaire n’est alors plus disponible pour jouer son rôle de barrière contre les agressions, ce qui laisse le champ libre aux virus et bactéries.

Les impacts du stress au niveau physique :

  • Les maux de dos si fréquents au travail peuvent être des expressions du stress,
  • Les maux de tête sont des effets fréquents d’une surexposition au stress,
  • Parmi les autres manifestations physiques on trouve également les troubles du sommeil, les douleurs musculaires ou articulaires, les suées…

Les impacts du stress au niveau émotionnel : nervosité, tristesse, angoisse, crise de larmes, sentiment d’être agressé par son environnement ou par les autres, mauvaise interprétation… les émotions sont souvent malmenées par l’état de stress des équipes. Ces impacts peuvent entraîner un véritable effet boule de neige, avec des relations qui deviennent de plus en plus compliquées, une ambiance au travail qui en souffre et un stress global qui augmente encore.

stress collaborateur

Les impacts intellectuels du stress : souvent relevés par le management, ils peuvent facilement être confondus avec des insuffisances individuelles. D’où l’importance de mettre le doigt sur leur origine. Les plus courants sont les difficultés à se concentrer, ce qui entraîne des erreurs ou des oublis, le manque de motivation, les difficultés à prendre des initiatives ou des décisions…

Les impacts comportementaux du stress : ce sont les plus difficiles à relier directement au stress récurrent, tant ils peuvent avoir de multiples causes. Les managers et DRH y sont pourtant régulièrement confrontés :

  • repli sur soi, avec des échanges de moins en moins nombreux avec les collègues, des difficultés à travailler en équipe, et un collaborateur qui ne demande plus l’appui de son manager, ce qui peut empirer la situation rapidement,
  • le repli sur soi peut aller jusqu’à la rupture sociale, avec un salarié qui va finir par être vu par ses pairs comme un marginal, et peut se retrouver « placardisé »,
  • une personne qui ressent un stress et une pression forte peut être amenée à développer de l’agressivité. Il en résulte des relations tendues et parfois même impossibles avec l’équipe et l’encadrement,
  • enfin, le recours à des produits calmants ou au contraire excitants est très courant en cas de stress. Ce n’est pourtant pas un choix anodin, car il est susceptible d’avoir de nombreux effets néfastes sur la santé et le comportement, allant jusqu’à l’addiction.

Les impacts du stress chronique sont multiformes et dépendent de chaque individu. C’est pour cette raison que le stress n’est pas toujours pointé du doigt comme en étant la cause, ce qui retarde l’identification de solutions.

Les managers, DRH et chefs d’entreprises sont néanmoins de plus en plus nombreux à être conscients du lien entre le stress et les situations de travail parfois difficiles auxquelles ils doivent faire face.

Pour aller plus loin, lisez notre article Comment diminuer le stress au travail ?

*étude Malakoff Médéric Humanis, 2019